Свято-Елисаветинский монастырь
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Ludotchka
Article par Alexandre Zhdanovitch

«Je t’aime!, Je t’aime!..» Combien de fois disons- nous ces paroles... à sa maman, à son enfant, à celle qu’on aime, à Dieu! Mais que signifient ces paroles? Je t’aime, veut dire que je me charge de porter ta croix, tes infirmités et tes maladies. Je t’aime, veut dire que je lance un défi au temps et à la mort elle-même parce que l’amour n’a pas de fin. L’amour ne meurt pas si c’est vraiment de l’Amour. «Je t’aime!..» et le monde s’éclaire de la lumière du soleil! «Je t’aime!..» et il n’y a ni barrières ni limites à ton bonheur. «Je t’aime!..» et le Dieu Miséricordieux Lui-même te tend la main, parce que de tous les noms dont nous L’appelons, le dernier qui couronne tout, est l’Amour!

Je voudrais parler de mon amour, de ma femme, une soeur de la communauté laïque de la charité auprès de notre monastère, Ludmila Zhdanovitch... Ludotchka.

Il est difficile d’écrire car quelques jours seulement se sont passés depuis sa mort. Mais il est aussi joyeux! Il est joyeux de faire part du bonheur que Dieu m’a donné. Ce bonheur a été cette femme radieuse, vive et rare.

Ludotchka a vraiment été rare! Elle n’était pas normale... Les gens «normaux» se cherchent une carrière, de l’argent, une gloire. Qu’est-ce que Luda a cherché dans cette vie? Certainement, Dieu avant tout. Elle ne vivait pas par la raison, mais par le sentiment. C’est pourquoi elle ressentait Dieu comme personne d’autre. La foi pour elle n’était pas un raisonnement de l’intelligence, mais un sursaut vif de l’amour qui se répandait sur tout le monde et qui ne permettait pas d’être indifférente même à une moindre injustice. Elle n’était pas une personne qui lisait strictement toutes les règles de prière, cependant, elle faisait son possible; Dieu lui a accordé le don de justice cordiale, le don grâce auquel elle suivait fermement la voie qui, comme elle le sentait, la menait vers Dieu, parfois même en dépit de l’opinion générale. Plus tard, le temps montrait que la vérité Divine était à son côté.

Elle aimait beaucoup le monastère, elle le voyait comme sa famille tout en oubliant parfois sa propre famille. Et nous, les gens les plus proches, on se sentait ainsi offensés et on l’offensait donc. Pardonne-nous, chérie!.. Pourtant, là aussi, la vérité Divine a triomphé quand tout le monastère, comme une famille, est venu pour faire ses derniers adieux. Et nos deux fils, Gleb et Alexandre, ayant vu cet amour, ils y ont beaucoup pensé, ont changé leur avis et ont pardonné à leur maman.

Certes, elle était une drôle de petite bonne femme. Certains pouvaient la voir distribuer aux passants des feuilles d’automne dans un parc, ou sauter avec gaminerie par-dessus des flaques avec les enfants, ou encore parler aux nuages... En plaisantant ou sérieusement, nombreux étaient ceux qui l’appelaient «la bienheureuse». Ce n’est pas par hasard qu’on lui a confié ce rôle dans le film qu’a tourné notre monastère, «Les paraboles». Bien que son épisode n’a duré que quelques secondes, j’ai été le témoin de ce à quel point elle est restée dans la mémoire de spectateurs... Une fois, nous sommes venus avec Luda dans une église d’un village ukrainien éloigné et tout d’un coup, la femme du prêtre doyen de cette église, ayant vu Ludmila, s’est écriée: «Mais c’est les paraboles! Les paraboles! Regardez bien, «Les paraboles» sont venues!». Nous n’avons même pas compris tout de suite qu’elle avait reconnu la «bienheureuse» du film. Puis, m’ayant appelé à part, elle m’a dit doucement: «Demande-lui de prier pour nous!», pensant probablement que la «bienheureuse» avait quelques dons d’en haut.

Mais le don qu’avait Ludotchka assurément, c’était de se réjouir de la vie et de partager largement cette joie. Elle était une grande gamine.

Ce n’est pas par hasard que Dieu l’a amenée au service de l’orphelinat, chez les enfants avec des particularités du développement. Ils avaient quelque chose de commun. Si elle s’offensait, c’était alors d’une manière comme le font les enfants. Si elle se réjouissait, c’était aussi avec l’insouciance et franchement comme eux. Lorsqu’ils se tenaient autour de son cercueil et qu’on a entendu l’exclamation «Le Christ est ressuscité!», tout le monde a ressenti comme si l’espace autour s’était rempli de lumière.

Sa garde-robe n’avait presque pas de toilettes. Les objets et l’argent ne restaient pas longtemps dans ses mains car ils allaient vers d’autres gens.

Il se peut qu’elle pressentait avoir une vie courte et de ce fait, elle était pressée de partager des paroles et des sentiments avec les autres. Mais nous, on l’appelait «petite bavarde»... Pardonne-nous, chérie!

Certes, il y avait dans notre vie avec Luda beaucoup de moments sombres dont il est honteux de s’en souvenir et de parler aujourd’hui. Parce que maintenant, quand son cheminement terrestre a pris fin et qu’elle s’est éloignée en quelque sorte, son image me semble si achevée et claire! Tout ce qui est maladif et de péché a disparu à jamais et il ne reste que l’amour!

Il y a quatre ans, quand nous avons appris son diagnostic terrible, nous avons tous eu peur sauf elle-même. Les amis lui téléphonaient et pleuraient, mais elle les consolait. Elle aimait beaucoup la vie! Elle ne voulait pas du tout la quitter. Lorsque le moment de faire son choix est arrivé, se confier aux médecins ou à Dieu, il n’y a pas eu d’hésitation pour elle.

Ses derniers jours ont été alourdis par une maladie grave, mais même ceci n’a pas ébranlé son esprit; elle se levait de son lit et franchissant la douleur, se dirigeait au monastère, chez les orphelins. Il lui restait peu de temps avant sa fin. Quelqu’un a dit après: «Comment? Je l’ai vue récemment debout et elle souriait!».

Oui, elle souriait d’un sourire doux et ensoleillé, même quand il n’y avait pas de forces non seulement pour se lever, mais aussi pour parler. Dieu l’a emportée un dimanche quand la Divine Liturgie était célébrée à l’église, pendant la Communion. Ces dernières paroles étaient: «Quel bonheur!». Je me suis rappelé de son sourire un jour quand un enfant avait demandé à sa maman en attendant le Calice avec les Saints Dons: «Maman, quand est-ce qu’il y aura Pristchastié?» (Note du traducteur: Cette prononciation de l’enfant du mot «Communion» est consonante avec le mot «bonheur» en russe).

Et même après sa mort, comme si Dieu avait jeté çà et là de petits grains de lumière et de joie: le soleil est apparu avant la célébration de l’office des morts, son visage avait une sorte de sourire doux et une coccinelle ne s’en allait pas du portrait sur lequel il n’y avait même pas de crêpe de deuil...

Quand dans un mouvement uni on a entendu au cimetière «Le Christ est ressuscité!», il n’y avait plus de doutes que c’était un triomphe absolu de la victoire de la foi sur la mort.

Je voudrais terminer par les paroles que des amis m’ont adressées: «Celui qui est mort, n’a jamais vécu, celui qui a vécu la plénitude de la vie, n’est pas mort».

Ludotchka, je t’aime! Nous t’aimons!

11.12.2015

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