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Soutenir, aider, consoler
Interview avec le chef du Service de patronage à domicile créé auprès du monastère Sainte Elisabeth, soeur Anne Kovalevskaya

Cette année, nous célébrons le deuxième anniversaire du Service de patronage à domicile qui a été créé en juillet 2014 quand deux soeurs de la communauté laïque de la charité qui existe auprès de notre monastère, Anne Kovalevskaya et Zinaïda Lobossova, ont reçu la bénédiction du père spirituel du monastère pour commencer cette oeuvre si bonne et nécessaire, le soin des personnes malades et âgées à leur domicile. Deux ans, c’est une période courte ou plutôt modeste. Cependant, cette période est suffisante pour pouvoir déjà résumer. Qu’a-t-on réussi à faire pendant ce temps? C’est bien le chef du Service de patronage à domicile, soeur Anne qui peut nous en renseigner le mieux. C’est une personne active et éprise de son oeuvre. En une heure de conversation elle arrive à raconter toute l’histoire du Service et ses dernières nouvelles: les soeurs de ce Service de patronage ont déjà leur protectrice céleste, Sainte Valentine de Minsk, et leur curateur spirituel, archiprêtre Serge Khrapitsky.

Au cours de nombreuses années de l’existence de la communauté de charité auprès du monastère Sainte Elisabeth, il y a eu lors des réunions des soeurs beaucoup de demandes d’aide à domicile. Minsk est une grande ville et il y a beaucoup de personnes qui ont besoin d’aide. Néanmoins, ce n’est pas si facile d’organiser une aide même à quelques malades alités, surtout si on part de zéro. La soeur Anne s’en est assurée personnellement. Avant de venir dans la communauté elle avait travaillé dans des firmes commerciales ayant des effectifs importants, puis pendant six ans dans la section d’expositions au monastère et elle a donc une riche expérience de direction du personnel. Cependant, le Service de patronage était une affaire nouvelle, tout à fait particulière.

Alors, il y a deux ans, il était important de comprendre comment il fallait organiser correctement cette affaire, puis comment ce service de patronage devait fonctionner, où il fallait trouver les soeurs pour le service et comment elles devaient être.

Anne, comment avez-vous finalement résolu ces questions?

On a commencé la recherche par des annonces imprimées et affichées dans des églises et dans des boutiques des églises, puis, on faisait des annonces pendant les réunions de notre communauté de charité, pendant les causeries du père André avec les paroissiens et par internet. Je me suis adressée sans tarder à l’équipe qui gère notre site web en leur demandant de créer une page du Service de patronage à domicile. Les paroles du père André y ont été publiées. J’ai rédigé un article «Nous apprenons à aimer». Dans le journal «Ensemble» a été publié un très bon article «Proche du coeur». J’ai été interviewée pendant trois heures! Cependant, après cela, à tous ceux qui venaient pour une interview d’embauche je leur proposais de lire ce matériel pour que les gens comprennent où et pourquoi ils étaient venus. La journaliste elle-même, l’auteur de cet article, Anne Yakimovitch, est devenue une bénévole.

Évidemment, le père André a prié pour nous. On le ressentait. A présent, je ne fais plus de recherches car si nous recevons une demande d’aide, une nouvelle soeur vient alors rejoindre notre équipe. Et si une nouvelle soeur vient nous rejoindre, vient alors une nouvelle demande d’aide. En effet, le Seigneur nous envoie les soeurs.

Les gens doivent avoir une vocation pour ce service?

Oui, c’est une composante majeure. Lorsqu’on me téléphone en disant: «Je ne peux pas trouver un travail, pourquoi ne pas m’essayer dans le Service de patronage?», je vois que cela n’ira pas. Le plus souvent, une soeur qui voudrait prendre soin d’une personne gravement malade, nous l’envoyons sur un poste qui existe déjà pour qu’elle regarde d’abord... On a eu des cas quand on envoyait des bénévoles faire un stage dans un hospice, certains d’entre eux nous ont quittés depuis.

Qu’est-ce qui signifie «un poste»?

Un poste c’est la présence d’une soeur auprès du lit d’un gravement malade. Cependant, nous n’envoyons pas les soeurs non-expérimentées chez les gravement malades. On les envoie d’abord chez ceux dont la maladie n’est pas grave et qui ont besoin d’une assistance nécessaire dans la vie de tous les jours.

Le Seigneur nous a aidés à tout commencer. Quand une expérience nous manquait, Il «tenait» la soeur littéralement par la main... C’est maintenant que nous sommes parvenus à une structure, à une documentation, à un personnel composé de soeurs formées dont plusieurs se sont déjà montrées comme de vraies soeurs de la charité dans le Service de patronage...

Que voulez-vous dire?

C’est-à-dire qu’elles ont fait preuve du sacrifice de leur propre âme et du coeur miséricordieux près du lit d’un malade. Mais aussi de la patience et de l’humiliation. On ne peut pas s’en passer! Encore une qualité très importante des soeurs est une obédience. Une initiative de création — je fais ce que je veux — cela ne va pas ici. Faire la désapprobation des proches et entrer dans les détails de la famille, c’est défendu à nos soeurs.

Par quoi commence le travail de la soeur du Service de patronage? Vous avez reçu une demande d’aide et...

Nous venons à un nouveau poste et dressons un projet: combien de temps et quels soins nécessite cette personne. Compte tenu de tout cela, je fais une analyse quelle soeur d’après son caractère, les aptitudes et le savoir-faire pourra convenir à ce poste.

Une approche si personnalisée?

Oui. Nous avons un Règlement sur le Service de patronage à domicile où est décrite toute l’organisation de notre travail, mais aussi les documents à remplir par la soeur — l’horaire de ses visites, la carte d’informations générales sur chaque malade patronné. Y sont inclues l’anamnèse de la maladie, la liste des actions nécessaires.

Combien de soeurs vous avez actuellement dans votre Service?

Nous avons 25 personnes au service de patronage (21 à plein temps et 4 à temps réduit) ainsi que 13 bénévoles. Il y a trois frères parmi elles. Un des frères travaille à plein temps. Nous aidons aujourd’hui plus de 60 personnes. Pendant la période du fonctionnement de notre Service, plus de 300 personnes se sont adressées à nous. Gloire à Dieu, on réussit à aider la plupart d’elles, parfois tout simplement par une consultation.

Quelle est la différence entre le travail des bénévoles et des soeurs de patronage?

Les bénévoles sont ceux qui ont leur travail et viennent pendant leur temps libre aider les personnes âgées solitaires, les handicapés, ceux qui ont besoin principalement d’aide ménagère et de parler.

Leur travail est celui de bienfaisance?

Oui. Quant aux soeurs de patronage, c’est leur travail principal. Le soin des gravement malades sous-entend tout d’abord une permanence: les visites trois ou quatre fois par semaine voire tous les jours. Y sont inclus aussi les soins sanitaires et hygiéniques, cela veut dire qu’il faut laver l’homme, lui changer de couches et aider d’une autre manière avec ses besoins naturels. Il faut faire tout ceci d’une façon compétente. La prophylaxie des escarres de décubitus, le traitement des plaies différentes et les pansements qui sont faits d’après les recommendations du médecin.

Une aide de ménage, c’est-à-dire faire un repas, donner à manger, faire des courses, parfois faire les paiements pour l’eau, le gaz et l’électricité, aller à l’hôpital pour avoir une consultation sur les analyses médicales, faire venir un médecin.

Comment est-ce que les gens vous trouvent, d’où le plus souvent viennent-elles les demandes d’aide?

On nous trouve par l’internet, nous y avons notre page. Toutes les soeurs qui ont leurs obédiences dans les boutiques avec l’artisanat du monastère situées en ville savent à propos de notre Service et elles peuvent communiquer mon numéro de téléphone. Les gens s’adressent à Zinaïda Lobossova, la soeur supérieure de la communauté de la charité, lors des rénions des soeurs. En plus, les gens que nous avons aidés donnent aux autres une recommandation... Nous avons aussi des demandes que malheureusement faute de manque de ressources nous ne pouvons pas satisfaire. Les gens disent: «Non, nous voulons que viennent seulement les soeurs du monastère». Ceci est une très grande responsabilité pour nous. Je le dis tout le temps à nos soeurs que nous ne sommes pas de simples gardes-malades. On nous regarde et on pense: si elles sont venues de la communauté, du monastère, ce sont donc des gens croyants, responsables, honnêtes et charitables. Mais en général, tous ces gens sont d’anciens comptables, juristes, psychologues. Ce qui est certain c’est qu’au début nous avons eu peur parce que nous ne savions pas prendre soins des malades, même changer de couches...

Comment donc vous avez appris? L’union des communautés de la charité auprès de l’Eglise Orthodoxe de Biélorussie, par exemple, donne des cours de formation des soeurs de patronage.

14 de nos soeurs les ont suivis. Constantin Vladimirovitch Yatskévitch, psychologue en médicine qui a une expérience de travail dans des brigades d’aide palliative, nous a donné des cours de ce comment il faut agir avec les personnes gravement malades. Une garde-malade expérimentée nous a donné des leçons justement près du lit d’un malade. Nous nous sommes aussi rendues quelques fois au forum international «Charité» qui se déroule à Saint-Pétersbourg. Nous y avons visité un hospice «Demeure de Pokrov». Nous avons vu un hospice Saint Dimitry à Moscou.

Notre soeur Nathalie Zhouk, maître de chorégraphie d’après sa profession, a été présente à Moscou au séminaire spécialisé consacré à la technique de déplacements de gravement malades. Elle enseigne maintenant cette technique aux nouvelles soeurs, c’est-à-dire que nous avons élevé notre propre consultant. Or, j’ai suivi des on-line cours du service social auprès de la patriarchie de Moscou. Après cela, j’ai été invitée à Moscou et y ai eu une pratique. On y a été à deux avec soeur Zinaïda. On était logées dans la communauté Saintes Marthe et Marie, on se rendait à l’hôpital Aléxéevsky, on contactait les soeurs du Service de patronage. Ce sont des contacts très précieux, une expérience inestimable, mais ce ne sont pas encore tous les contacts et toutes les expériences que nous avons réussi à avoir en deux ans.

Le savoir-faire est assurément nécessaire, mais... le père André a un jour dit que nous pouvons apprendre à changer les couches, mais l’âme humaine est plus importante.

Cela veut dire qu’il s’agit de l’aide spirituelle aux gens, le soin non seulement du corps malade, mais aussi de l’âme?

C’est le plus important! Nous rendons visite à des gens différents, y compris chez ceux qui n’étaient jamais venus à la confession et n’avaient jamais communié. Chez ceux l’âme de qui souffre, qui ont un conflit dans leur famille. On commence par le plus petit: on prend soins, puis après, on tâche de commencer à lire avec eux les prières, l’Evangile.

Si cette personne n’est pas contre?

Bien sûr, tout est sans contrainte, doucement, avec tact, sans rien imposer. Ça peut être aussi une lecture d’un livre ou une conversation. Quelle victoire pour nous lorsque l’homme qui avait été baptisé dans son enfance, mais qui a vécu pendant de longues années sans la confession et la communion et même sans savoir ce que c’est, se décide à communier! Les prêtres de notre monastère donnent régulièrement la communion à beaucoup de gens qui sont sous notre tutelle.

Comment les soeurs fortifient-elles leurs forces spirituelles? Leur travail est vraiment difficile!

Évidemment, la composante spirituelle est très importante également pour les soeurs. Il est important d’avoir l’unité dans le service pour que nous soyons ensemble, pour que nous ayons une relation réciproque, pour que les soeurs aient la confiance entre elles et puissent remplacer l’une l’autre. Certes, on ne peut pas tout faire avec précision, mais le Seigneur nous aide beaucoup.

Le Service de patronage ce n’est pas seulement un soin sanitaire et hygiénique des personnes gravement malades. Les soeurs sont tout le temps liées avec les gens qui sont sous leur tutelle de façon spirituelle, mais aussi par leur âme. Chacun d’entre eux a son caractère. Sans le Christ Qui se trouve entre le malade et la soeur, il est en effet impossible d’accomplir cette obédience. Voilà pourquoi il a été décidé au début, à part la formation, avoir tout le temps des réunions, discuter les questions qui surgissent, prier ensemble.

Dès le commencement de notre service, le père André venait de temps en temps à nos réunions, prononçait une parole, répondait aux questions des soeurs. Cependant, nous avions eu besoin d’un prêtre qui pourrait nous aider spirituellement en permanence.

Finalement, le père André a béni le père Serge Khrapitsky qui, celui-ci dès le début nous aide très activement, de tout son coeur. Le premier par quoi nous avons commencé, c’était un molében dans l’église en l’honneur de l’icône de la Mère de Dieu «Souveraine». C’est justement en ce moment-là que le père Serge a béni que Sainte Valentine de Minsk soit notre protectrice céleste.

Le 25 juin, nous avons commandé un bus pour aller visiter la tombe de la Sainte. On était plus que 30 personnes. Le père y a célébré un molében et nous avons prié pour les soeurs et pour les malades. Nous avons également visité l’église à Stankovo, le village où avait vécu Sainte Valentine. On nous y a accueilli très chaleureusement.

Le fonctionnement du Service de patronage demande des dépenses matérielles, où trouvez-vous les moyens?

Ce sont les offrandes de la part des proches des malades. Cependant, il y a des gens à faibles revenus qui ne sont pas capables de rémunérer les soins après eux. C’est justement pour cela que nous avons déposé une demande au concours de subventions «Initiative orthodoxe». Nous l’avons gagné! Pour les fonds que nous avons reçus, nous avons pu acheter un matériel de bureau, des articles de soins hygiéniques, des équipements médicaux pour les gravement malades, tout ce qui est nécessaire pour la formation, des habits de médecin pour les soeurs.

Les informations sur les personnes que nous soignons ont récemment été publiées sur la nouvelle source imenamag.by, et le projet de notre Service de patronage sur le site web talaka.by. Ceci nous a permis de recevoir des offrandes grâce auxquelles nous pouvons venir en aide aux gens à faibles revenus. Je ne m’y attendais pas, mais quelques 215 personnes ont répondu à notre appel ayant versé une somme importante pour les besoins de notre service. Cet argent nous a permis de prendre sous notre tutelle six personnes nécessiteuses. Deux bénévoles ont adhéré à notre service. C’est si beau quand les gens ne sont pas indifférents à un malheur d’autrui! Ceci nous unit!

Dans la période avant la Pâques et la Noël, nous menons une action de bienfaisance «Charité» dans les centres commerciaux «Korona» situés à Minsk. Les gens apportent activement leurs offrandes. Puis nous emballons les cadeaux achetés pour les gens que nous soignons et les apportons à chacun d’eux. On leur chante les chants de fête, on leur remet le cadeau et une carte postale personnelle. Une partie de la recette est transmise dans la maison de retraite «Havre familial» située dans le district de Volozhine.

Soeur Anne, quels sont vos projets, vos espoirs, vos attentes?

Tous les deux jours peut-être nous recevons un coup de téléphone où les gens demandent si nous avons la possibilité de placer des vieillards. Nous avons besoin d’un hospice de vieillards! Une vraie demeure de miséricorde pour les âgés auprès du monastère. Cette question est vraiment vitale. Voici notre rêve!

Interview par Hélène Naslédychéva

31.10.2016

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